Sélénium : 0,3 mg séparent le remède du poison

Dans 13 communes du Sud-Essonne, vous ne pouvez plus boire l’eau du robinet [1].

La cause : une concentration en sélénium qui dépasse largement le seuil autorisé sur le réseau d’eau potable.

Pour pallier ce problème, le Siarce (syndicat intercommunal d’aménagement des rivières et du cycle de l’eau), va faire changer 11 kilomètres de canalisations et prévoit un traitement par dilution.

Un chantier colossal de 8 millions d’euros pour un si petit oligo-élément…[1]

J‘ai déjà évoqué les bienfaits du sélénium sur votre organisme. C’est un puissant antioxydant qui prévient le vieillissement, protège contre le cancer du pancréas ou encore qui stimule votre système immunitaire [2].

Alors pourquoi vouloir réduire sa concentration dans l’eau potable ?

Comme pour beaucoup de substances, « c’est la dose qui fait le poison » [3].

Sélénium : pas plus de 0,4 mg par jour

Il est difficile d’établir un degré de toxicité précis concernant le sélénium. Cependant, nous pouvons nous référer au tableau récapitulatif des niveaux fixé par la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) [4].

Niveaux supérieurs d’admission pour le sélénium

ÂGEHOMMESFEMMES
1 à 3 ans90 μg90 μg
4 à 8 ans150 μg150 μg
9 à 13 ans280 μg280 μg
À partir de 14 ans400 μg400 μg
μg : microgrammes.

Notez que la dose maximale à ne pas dépasser à l’âge adulte est stable dès l’adolescence : 400 microgrammes par jour

Au-delà de cette limite, le sélénium devient de plus en plus toxique pour votre organisme. Son seuil de toxicité quotidien est d’ailleurs établi entre 850 – 1 000 microgrammes [5].

De tels dosages restent cependant plutôt rares. Généralement, il s’agit d’un problème de contamination avec une eau non potable par exemple ou à cause d’une consommation excessive de certains aliments. 

Comment repérer les symptômes d’un surdosage ?

Un surdosage en sélénium n’est cependant pas à prendre à la légère.

Car lorsque vous dépassez les quantités maximales recommandées vous risquez de souffrir [6] :

  • D’une mauvaise haleine (qui sent fort l’ail),
  • De problèmes digestifs (diarrhées, ballonnements, maux de ventre…),
  • De nausées,
  • D’une fatigue ou irritabilité intense,
  • D’une chute de cheveux excessive,
  • D’une sécheresse extrême de la peau,
  • D’une décoloration et d’une fragilité des ongles,
  • De douleurs articulaires.

Vous pouvez aussi développer d’autres problèmes de santé plus graves en cas de surdosage important et prolongé.

Avec des taux 3 fois plus élevés que la dose maximale recommandée, les scientifiques ont constaté alopécie, décoloration et perte de dents ainsi qu’éruptions cutanées dans 60% des cas [7].

À long terme, des concentrations excessives favoriseraient également l’apparition du diabète
de type 2, de maladies cardiovasculaires et même de cancers [2]. Et dans les pires cas, des troubles du système nerveux, la paralysie et la mort [8].

Cinq noix du Brésil suffisent pour vous intoxiquer

Certains aliments sont naturellement trop riches et donc potentiellement toxiques presque dès la première bouchée. C’est le cas par exemple de la noix du Brésil.

Une noix de 5 g comprend en moyenne 95 μg de sélénium. Soit plus de 72% des apports journaliers recommandés. Avec à peine 5 noix, vous dépassez le seuil de toxicité recommandé pour votre organisme [9].

Évidemment, cela ne veut pas dire que vous devez vous en priver. Contentez-vous d’en consommer dans le cadre d’une alimentation diversifiée. Et évitez d’en manger tous les jours.

Sachez tout de même que le sélénium reste indispensable à votre corps pour bien fonctionner.

Un déficit en sélénium est aussi nocif pour votre santé qu’un excès.

C’est là où le sélénium est un oligo-élément complexe

Mais ne vous inquiétez pas : dans ma prochaine lettre, je répondrai à toutes ces interrogations

–   Quels sont les risques d’une carence en sélénium ?

–   Pourquoi est-ce si important de surveiller vos apports ?

–   Et comment faire pour avoir la juste dose (ni trop, ni pas assez) de sélénium ?

Bien à vous,

Eric Müller





Consulter les sources :

Sources :

  1. Sud-Essonne : le Siarce modernise son réseau d’eau potable, Alain Piffaretti, Les Echos.
  2. Rayman, M.P. (2012) Selenium and Human Health. Lancet, 379, 1256-1268
  3. Selenium in Nutrition: Revised Edition, National Research Council (US) Subcommittee on Selenium. Washington (DC): National Academies Press (US); 1983.
  4. Food and drugs, Department of health and human services, selenium, accessdata, FDA.gov.
  5. Da Silva Júnior, E.C., de Oliveira Wadt, Lú.Helena., da Silva, Ká.Emí.,de Lima, R.M.B., Batista, K.D., Guedes, M.C., Carvalho, G.S., de Carvalho, T.S., dos Reis, André.Rodrigues., Lopes, G., Guimarães Guilherme, L.R., Natural variation of selenium in Brazil nuts and soils from the Amazon region, Chemosphere (2017), doi: 10.1016/j.chemosphere. 2017.08.158.480 195–199
  1. Acute Selenium Toxicity Associated With a Dietary Supplement, Arch Intern Med. 2010 Feb 8; 170(3): 256–261. Ncbi.gov.
  2. Toxicité de sélénium, Dr. Liji Thomas, MD, News Medical Life Sciences.
  3. Lemire, M., Philibert, A., Fillion, M., Passos, C.J.S., Guimarães, J.R.D., Barbosa Jr, F., Mergler, D., 2012. No evidence of selenosis from a selenium-rich diet in the Brazilian Amazon. Environment International 40, 128–136.
  1. Noix du Brésil : gare aux intoxications !, Sylvain Garraud, Révélations Santé Bien-être. 

Crédits : ratmaner – istockphoto.com


2 réponses à “Sélénium : 0,3 mg séparent le remède du poison”

  1. Stéphane I. dit :

    Bonjour,
    Merci pour votre lettre informative sur le Sélénium qui est intéressante.
    Je vais juste y apporter un bémol, si vous me le permettez ?

    Ayant vécu de nombreux mois d’affiliés durant plus de 8 ans au Brésil. Je peux vous assurer d’une chose, je n’ai jamais, mais au grand jamais, rencontrer le plus petit des symptômes que vous avez décris concernant l’absorption de plus de 5 noix du Brésil !
    Les brésiliens mangent la noix du Brésil comme nous, nous mangeons des cacahuètes, noix, amandes ou autres oléagineux !
    Soit principalement en apéritif. Ils en ont même dans les poches et les grignotes tout au long de la journée.

    Le peuple brésiliens connais depuis toujours les bien faits de sa noix. Les diététiciennes brésiliennes conseillent très souvent des consommations bien supérieurs à celle que vous annoncez !
    Elles savent très biens qu’elles sont les apport en lipides, AG non saturé, vitamine E et B1, elles sont anti-oxydante, elles sont une source non négligeable de Mg, Ph, Fe, Ca, Zn et K.

    Au Brésil, on mange cette noix dans des fromages, des gâteaux, des biscuits, des pains, dans des préparations culinaires et juste comme cela par plaisir. On en fait même des laits.
    Chez beaucoup de brésiliens, la consommation de cette noix est très importante et journalière.

    Donc, je me répète, je n’ai jamais rencontré de personne malade à cause de cette noix !

    Voilà, c’était juste une information pour vous.

    Stéphane I.

  2. Gratien Marie dit :

    Bonjour
    Mon problème est que j’ai un taux de sélénium haut. Or je prends des compléments alimentaires genre multivitamines et pour soutenir ma thyroïde ou mon microbiote et tous ont du sélénium dans leur composants !!! Que faire ?,
    J’ai besoin des compléments car j’ai une problématique de métaux lourds donc je suis obligée de me complémenter. Merci de me donner votre avis

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