Comment reconnaître les courges non comestibles ?

C’est un fait divers à peine croyable, pourtant véridique. Charlène, une jeune grenobloise de 30 ans a été victime d’une intoxication alimentaire en consommant un butternut. Au début, elle n’a ressenti que des maux de ventre, puis a commencé à souffrir de crampes et d’hallucinations au point de perdre connaissance [1].  

La courge consommée ne présentait aucun signe dangereux. Elle avait été achetée au rayon légumes de son supermarché et ne semblait pas non plus périmée.

Sa mésaventure ne s’arrête pas là, puisqu’une semaine après, Charlène voit ses cheveux tomber les uns après les autres. Elle blâme alors son nouveau shampooing, jusqu’au jour où elle tombe sur un article qui décrit mot pour mot ses symptômes.

Quand vos courges deviennent
des pesticides pour vos cheveux

Après plusieurs mois de recherches, Charlène a enfin réussi à trouver la cause de sa perte de cheveux : les cucurbitacines toxiques. Il s’agit des substances présentes dans les courges non comestibles, mais qui peuvent aussi se retrouver dans les autres courges.

Ainsi, lorsqu’elle a mangé son butternut cuisiné, elle a ingéré du poison sans s’en rendre compte. Si les symptômes immédiats se sont rapidement dissipés, les cucurbitacines toxiques ont continué à faire des dégâts dans son organisme. Ses cheveux sont d’abord devenus cassants, puis sont tous tombés par poignées.

Heureusement, ils ont fini par repousser intégralement.

Comment savoir si votre courge est toxique ?

Je ne sais pas vous, mais moi au rayon des courges, je suis souvent indécis. Surtout quand je suis fasse à ça :

Entre les rondes, les ovales, les formes bizarres ou encore les vertes, les oranges et les jaunes… il n’est pas toujours évident de faire le bon choix. Si en plus, certaines d’entre elles sont toxiques, ça rajoute une difficulté supplémentaire.

Mais, il existe un test infaillible qui vous évitera une intoxication alimentaire aux cucurbitacines.

Il suffit d’en goûter un tout petit bout cru. Si votre courge à un goût amer, ne la consommez surtout pas. En effet, l’amertume est le signe qui doit vous alerter de la présence de ces actifs toxiques. D’ailleurs, même cuits, ces substances au goût amer ne sont pas détruites par la cuisson [2].

Cela est valable aussi bien pour vos courges cultivées dans votre jardin, que celles achetées en magasins bios ou au marché.

En effet, les autorités de santé ont enregistré 353 cas entre 2012 et 2016. Ainsi, chaque année plusieurs personnes sont victimes d’une intoxication alimentaire à cause d’une courge.

Les personnes atteintes présentaient principalement des symptômes digestifs ou a minima une amertume buccale et, dans les cas les plus sévères, des diarrhées sanglantes et des douleurs gastriques intenses.

Des courges toxiques vendues aux rayons légumes 

D’après les Centres antipoisons, 46 % des personnes intoxiquées par les cucurbitacines avaient acheté leurs courges dans le commerce.

Je vous conseille donc d’être très vigilants lorsque vous faites vos courses.

Certaines courges, pourtant vendues aux rayons légumes, ne sont pas comestibles. Elles sont destinées à la décoration, comme les coloquintes. Généralement, elles sont labellisées avec la mention « décoratives » ou encore « ornementales ».

De plus, il existe des courges décoratives « bio » qui sont toxiques tandis que des courges comestibles sont parfois qualifiées de « décoratives ». Vous pouvez vite vous y perdre.

En cas de doute, mieux vaut donc se renseigner auprès d’un vendeur pour être sûr.

Quand les abeilles empoisonnent votre potager

La confusion est encore plus probable pour les courges qui sont cultivées dans le jardin familial. En effet, elles peuvent devenir impropres à la consommation suite à des croisements de variétés. 

Ce phénomène se produit lorsque des courges comestibles et des courges toxiques sont cultivées à proximité. Elles peuvent être dans le même potager ou parfois même dans des potagers voisins. Et le pire, c’est que les courges issues de cette hybridation ont exactement la même apparence que les courges comestibles.

Les coupables de ce changement sont probablement les abeilles. En pollinisant une courge toxique et une comestible ensemble, elles rendent vos courges plantées d’aspect normal nocives.

Mon conseil, afin de ne pas vous retrouver avec des courges non comestibles, est d’éviter de récupérer des graines des récoltes précédentes pour les ressemer. Évitez également de cultiver les deux variétés à côté.

Attention également aux courges sauvages qui poussent spontanément. Elles sont rarement comestibles.

Malgré tout, il n’est pas question
de vous priver de courges !

Les courges contiennent de nombreux nutriments excellents pour votre santé.

Elles sont riches en caroténoïdes, des puissants antioxydants qui peuvent prévenir de nombreuses maladies comme les troubles cardiovasculaires et même les cancers.

Une étude a d’ailleurs démontré qu’une alimentation riche en courge était associée à une réduction du risque de plusieurs cancers (estomac, sein, poumon, rectum)[3].

Elles sont aussi bonnes pour protéger les yeux du vieillissement car elles contiennent beaucoup de lutéines et de zéaxanthine. Ces deux types de caroténoïdes sont naturellement présents dans la macula, la zone de rétine responsable de la vision centrale. C’est elle qui aide à filtrer la lumière bleue et les ultraviolets. 

En 2001, des chercheurs ont démontré que les personnes ayant des taux élevés de ces deux pigments dans leur rétine avaient un risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) diminué de 82 % [4].

Mais ce n’est pas tout. Elles sont aussi intéressantes si vous contrôlez votre poids ou cherchez à réguler votre glycémie. Encore mieux que les patates douces, les courges ont un indice glycémique très bas [5].

Enfin, elles favorisent le système immunitaire et pulmonaire[6].

Bien à vous,

Eric Müller





Consulter les sources :

Sources :

[1] Grenoble : intoxiquée à cause d’une courge trop mûre, Charlène a perdu ses cheveux, France Bleu

[2]  Alimentation Gare aux courges toxiques !, Que choisir

[3] Nishino H: “Carotenoids in cancer chemoprevention”. Cancer Metastasis Rev. 2002;21(3-4):257-64.

[4] Bone RA: “Macular pigment in donor eyes with and without AMD: a case-control study.” Invest Ophthalmol Vis Sci. 2001 Jan;42(1):235-40.

[5] Yadav M, Jain S, Tomar R, Prasad GB, Yadav H. « Medicinal and biological potential of pumpkin: an updated review. » Nutr Res Rev. 2010 Dec;23(2):184-90. doi: 10.1017/S0954422410000107.reconnaitre-les-courges-non-comestibles

[6] Bendich A., From 1989 to 2001: what have we learned about the « biological actions of beta-carotene »? J Nutr. 2004 Jan;134(1):225S-230S.

Crédits :  © Studio Barcelona – Shutterstock.com, © javarman – Shutterstock.com


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Anna
11 jours il y a

Excellente information! Un grand merci!

Vignobles Catherine
11 jours il y a

Article très intéressant, mais terrifiant, qui aurait cru qu’un jour cela pouvait exister !!!! Entre le covi 19,les masques, les médicaments, la viande,les volailles ,les poissons,,,il ne manquait plus que les courges..,

Danielle CRIER
12 jours il y a

Très intéressant
Merci

Miranda Leuengerger
12 jours il y a

Tres instructif ,on est pas assez attentif a de genre de choses ,!

Joanne
12 jours il y a

Merci,on connaît tellement peu de chose,merci de nous mettre au courant ♥️

Marie Le Maitre
12 jours il y a

Merci pour cet info !! je n’étais même pas au courant que cela existait

Jean Molinier
12 jours il y a

Bonjour, qu’en est-il des graines de courges bio et de l’huile de pépins de courge ?