Pourquoi vous devriez vous méfier des édulcorants

Pourquoi vous devriez vous méfier des édulcorants

Le sucre est sans doute l’un des ennemis les plus redoutables pour la santé de vos artères.

En conséquence, il est très tentant de chercher à le remplacer par des édulcorants.

On en trouve d’ailleurs un peu partout et ils sont souvent associés à des allégations santé qui laissent à penser qu’ils permettent de perdre du poids ou de mieux contrôler le diabète.

Pour ma part, je préfère vous mettre en garde : les édulcorants sont tout aussi dangereux pour le cœur que le sucre.

Le sucre au cœur du problème

Depuis longtemps, les études attestent du danger du sucre pour les artères.

C’est par exemple le cas de l’étude scientifique PURE, publiée dans le journal médical The Lancet1 en 2017.

En circulant dans le sang, le sucre agresse la paroi des vaisseaux, la rendant plus poreuse et facilite ainsi l’adhésion des plaques d’athérome.

De plus, la sécrétion répétée d’insuline (l’hormone de régulation de la glycémie) dérègle également le métabolisme, entraînant la conversion des glucides en graisses.

Le taux de cholestérol et de triglycérides sanguins augmente alors, multipliant encore un peu plus les facteurs de risque.

Aussi, la première chose à faire en cas de fragilité cardiaque (ou en prévention) est de réduire sa consommation de sucre.

On en parle peu, mais c’est pourtant une réalité.

Plus de doutes sur les méfaits des édulcorants

Plus de 23’000 produits alimentaires contiennent des édulcorants.

Autant dire qu’il est difficile d’y échapper si l’on ne prête pas attention aux étiquettes.

On a tendance à les penser inoffensifs mais tout récemment, une étude publiée dans The British Medical Journal2 a démontré que la consommation d’édulcorants est associée à une augmentation du risque global de maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires.

Pour obtenir de tels résultats, plus de 100’000 participants ont précisé aux chercheurs leurs habitudes alimentaires quotidiennes.

Leur exposition à divers édulcorants a pu ainsi être évaluée, définissant trois groupes distincts : les non-consommateurs, les consommateurs modérés et les gros consommateurs.

En parallèle, les facteurs de risque cardiovasculaires propres à chaque participant ont également été pris en compte.

Après un suivi de 9 ans en moyenne, 1’502 accidents cardiovasculaires ont été relevés parmi les participants.

Les chercheurs ont alors mis en évidence une augmentation de 9 % du risque de problèmes cardiovasculaires associée à la consommation d’édulcorants.

Quant au risque d’incidents cérébrovasculaires, il était majoré de 18 % chez les consommateurs réguliers d’édulcorants !

Enfin, parmi les édulcorants en question, l’acésulfame de potassium (E950), le sucralose (E955) et l’aspartame (E951) étaient particulièrement associés à un facteur de risque important.

Le docteur Touvier qui a mené l’étude en a conclu que « ces résultats, en accord avec le dernier rapport de l’OMS publié cette année, ne soutiennent pas l’utilisation d’édulcorants en tant qu’alternatives sûres au sucre et fournissent de nouvelles informations pour répondre aux débats scientifiques concernant leurs potentiels effets sur la santé. »

Comment continuer à se faire plaisir ?

Pour la plupart d’entre nous, il est difficile d’imaginer nous priver d’une petite douceur en fin de repas.

La règle la plus importante est d’oublier définitivement les édulcorants et le sucre blanc (ultra raffiné).

Ensuite, il convient de bien choisir le sucre que l’on consomme et de se montrer très raisonnable dans les quantités.

Voici quelques exemples de sucres à privilégier :

  • Le sucre complet. Il présente notamment l’avantage d’être riche en minéraux. Seul le sucre de canne complet ou intégral (comme le rapadura ou le muscovado que l’on trouve en magasin bio) est à privilégier.
  • Le miel. Il est toujours préférable au sucre blanc car il contient des substances antibactériennes, des probiotiques et quelques minéraux. De plus, il est légèrement moins calorique.
  • Le sirop d’agave. Il possède un indice glycémique faible (intéressant pour les diabétiques) et contient des minéraux.
  • Le sucre de coco. Il apporte lui aussi des vitamines et des minéraux (notamment beaucoup de phosphore et de potassium) mais aussi des probiotiques (inuline). Son indice glycémique est bas.

Comment se désintoxiquer ?

Ne nous leurrons pas, le sucre est une véritable drogue.

Le terme n’est pas trop fort car plusieurs études le disent clairement : le sucre mène à une addiction aussi importante que celle suscitée par des drogues aussi dures que la cocaïne, l’héroïne ou la méthamphétamine3 4.

Il active le même circuit de la récompense au sein du cerveau.

Lorsqu’on est accro, il faut alors passer par une phase de désintoxication comme on le ferait pour n’importe quelle drogue.

La bonne stratégie consiste à réduire progressivement les apports en sucre, y compris celui des fruits et des produits à base de farine blanche comme la baguette quotidienne.

Après quelques jours, bannissez complètement tout aliment qui contient du sucre.

Pour compenser la perte énergétique que cela représente, vous pouvez augmenter vos apports en glucides lents.

Les légumineuses (lentilles, haricots secs, pois chiches, etc.) et les céréales complètes ou semi-complètes devront trouver une place dans vos menus.

Pour le petit-déjeuner, misez plutôt sur les protéines, avec des œufs, du fromage ou encore des produits laitiers non sucrés.

En cas de fringale dans la journée, prévoyez une petite réserve de fruits secs (noix, amandes, noisettes, etc.) que vous emporterez au travail.

Après une petite semaine sans sucre, vous pourrez réintégrer de façon extrêmement raisonnable les fruits et les sucres naturels (sirop d’érable, miel, sucre de canne complet, etc.).

Pour accompagner ce sevrage salutaire, le chrome devrait vous aider.

Il augmente l’efficacité de l’insuline et contribue ainsi à la régulation du taux de sucre dans le sang5.

De bons apports en chrome permettent de limiter les envies de sucre et régulent l’appétit de façon générale.

Il faudra en moyenne 200 μg de chrome (sous forme de chlorure ou de picolinate de chrome) pour avoir des résultats.

Attention cependant, les personnes sous insuline doivent demander conseil à leur médecin avant d’utiliser ce complément.

Et vous, quel est votre rapport au sucre ? Quelles sont vos stratégies pour limiter votre consommation ?

Naturellement vôtre.

Stéphane Morales pour Eric Müller

Sources:

[1] Associations of fats and carbohydrate intake with cardiovascular disease and mortality in 18 countries from five continents (PURE): a prospective cohort study / The Lancet august 2017 /
[2] Touvier M. et al. Artificial sweeteners and risk of cardiovascular diseases: results from the prospective NutriNet-Santé cohort. BMJ 2022
[3] https://sante.lefigaro.fr/article/le-sucre-presente-un-potentiel-addictif-aussi-important-que-l-alcool-ou-la-cocaine/
[4] Falbe J, et al. Potentially addictive properties of sugar-sweetened beverages among adolescents. Appetite. 2019
[5] Imanparast F, et al. The effects of chromium and vitamin D3 co-supplementation on insulin resistance and tumor necrosis factor-alpha in type 2 diabetes: a randomized placebo-controlled trial. Appl Physiol Nutr Metab. 2020

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Christine Charpentier
30 jours il y a

Qu’en est-il de la STEVIA et du XYLITOL?
Merci.

Isabelle
1 mois il y a

Bonjour,

j’ai expérimenté avec beaucoup de succès l’élimination du sucre de mon alimentation. En cela les fringales ont disparues. Personnellement je ne peux que vous dire ceci : votre proposition de réduire graduellement le sucre est très cruelle car l’envie du sucre et l’appel aux sucres via les intestins n’en sera que plus important. C’est une méthode de l’échec. La mise en place d’une stratégie passe pas l’élimination des glucides … totalement sauf ceux dans les fruits et légumes à indices bas. Ils seront remplacés par des graisses de bonne qualité (1 portion = 30 gr/ max 5), comme dans les noix pe, beaucoup plus de légumes (type salade, bok chou, épinards pour un bol alimentaire suffisant) et des protéines (p.e. 100 gr de poulet – 2 fois pas jour). Il faut veiller à l’apport suffisant de sel car éliminer les glucides est duirétique, et cette perte d’eau donne des maux de tête. J’ai compensé en faisant des bouillons d’os (délicieux) reminéralisants. Le gout du sucre disparaît. Les levures intestinales meurent et l’appel du sucre s’estompe rapidement. Les papilles s’affutent et certains aliments ne semblent même plus bons car trop sucrés. C’est une très bonne méthode pour combattre le syndrome métabolique, rendre réversible le diabètes de type II, etc.

Vous avez le très grand mérite de lancer le sujet mais le manque de précision sur certains points décourageront beaucoup de personnes qui en auraient bien besoin et ne rende pas la démarche possible. Car comme vous le dites : le sucre et une drogue. Il suffit de voir les reportages sur les dégâts du sucre sur les enfants en Amérique latine. La démarche est essentielle mais tout commence dans le tête.

Peut-être pourriez vous creuser plus et carrément proposer des plans d’attaque ?

Bonne journée,