Ne mangez plus de perturbateurs endocriniens !

C’est un constat plus qu’inquiétant : 6 résidus de pesticides sur 10, quantifiés dans notre alimentation, sont des perturbateurs endocriniens.

Issus de pesticides bien connus, c’est ainsi que certains de vos légumes contiennent des insecticides « tueurs d’abeilles » !

C’est ce qu’a révélé le dernier rapport de l’ONG Générations Futures après l’analyse de plus de 4 598 échantillons non bios et de 109 843 résidus de pesticides relevés par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire des aliments (EFSA)[1].

Une nouvelle alarmante puisque ces substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle peuvent induire des effets délétères sur votre organisme ou ceux de vos enfants et petits-enfants. Et cela même à de très bas niveaux.

 Les perturbateurs endocriniens sont notamment des facteurs de :

  • Vulnérabilité aux infections,
  • Risques augmentés d’allergies et d’intolérances alimentaires,
  • Augmentation de risques de surpoids et de diabète,
  • Baisse de QI.
  • Malformation du fœtus.
  • Retards de développement du fœtus, y compris cérébral,
  • Augmentation des risques d’hyperactivité et d’autisme.

André Cicolella, chimiste toxicologue et président du Réseau Environnement Santé, résume bien la situation en affirmant que « la part des perturbateurs endocriniens sur le développement de certains cancers est largement sous-estimée ! » [2]

75% des perturbateurs endocriniens
viennent de votre alimentation

Il existe plus de 1 000 perturbateurs endocriniens, mais pour l’instant, seuls quelques dizaines sont avérés dangereux. Et 3/4 d’entre eux se trouvent dans vos aliments ! [3]

Invisibles, ils nous contaminent tous. Une étude menée en 2017 a révélé la présence de 45 produits chimiques dans le corps de femmes enceintes de six pays européens et leurs enfants. Les 2/3 de ces substances ont été retrouvées dans 90 % des personnes suivies [4].

Une autre enquête de Santé publique a démontré que ces perturbateurs étaient présents « dans l’organisme de tous les Français », « à des niveaux d’imprégnation plus élevés chez les enfants.[5]»

4 réflexes pour limiter votre exposition

Présents partout (l’eau, la terre, les produits ménagers, les cosmétiques… et même vos équipements de cuisine), il est impossible de les éviter.

En revanche, il existe des moyens de les limiter le plus possible. Voici mes 4 conseils pour adopter les bons gestes anti-résidus nocifs.

1 Méfiez-vous de tous les plastiques

Souvent, nous pensons à ne pas utiliser les boîtes en plastique, mais nous oublions les outils présents dans notre cuisine. Car si le bisphénol A a été interdit dans nos contenants alimentaires, il a encore sa place dans le matériel électroménager. Ainsi, beaucoup de marques commercialisent encore des robots, cuit vapeurs et autres appareils de cuisson ou de préparation avec ce composé. Vérifiez-bien donc avant d’acheter.

Cette recommandation est également valable pour les plastiques souples comme le film étirable et tous les emballages en libre-service.

2 Jetez vos vieilles poêles antiadhésives

J’ai conscience que ça peut être un peu radical, mais c’est le meilleur conseil que je puisse vous donner. Depuis le 04 juillet 2020, un composant des poêles antiadhésives a été interdit (le PFOA) considéré comme une substance extrêmement préoccupante. Alors si vous avez des poêles qui en contiennent, mieux vaut les remplacer par celles en inox à fond épais. Et n’attendez pas que celles-ci soient toutes rayées pour le faire : cela favorise la migration des composés toxiques.

3 Lavez vos fruits et légumes

C’est une étape qui demande un peu de temps, mais qui est indispensable pour réduire votre exposition aux perturbateurs endocriniens. Avant de cuisiner, faites tremper au moins 10 minutes vos aliments dans le l’eau mélangée avec une cuillère à soupe de bicarbonate de soude alimentaire. Rincer abondamment et épluchez vos légumes si vous avez un doute sur l’origine de vos aliments. Ceci est également valable pour les produits frais bios. Même si en général ils contiennent moins de résidus, ils ne sont pas à l’abri d’une contamination fortuite.

4 Sélectionnez avec attention vos poissons gras

S’il n’est pas question ici de supprimer les poissons gras de votre alimentation, il est tout de même nécessaire de revoir votre consommation. Un seul par semaine, en privilégiant le saumon, l’omble ou la truite. Dans l’idéal, il faudrait pouvoir retracer l’origine des produits, mais ce n’est pas toujours possible. Quoiqu’il en soit,  évitez autant que possible le maquereau roi ou l’espadon qui font partie des espèces les plus contaminées. Exposés à la fois aux PCB et au mercure, deux substances lipophiles, ils peuvent facilement participer à votre contamination. De plus, sachez que ces perturbateurs endocriniens ne se concentrent pas uniquement dans les poissons en fin de chaîne. Ils peuvent aussi se retrouver en grande quantité dans ceux de rivières qui sont pêchés en aval de grande agglomération ou d’activité industrielle (anguille, silure…). 

Enfin, n’oubliez pas que vos produits chimiques d’entretien commercialisés peuvent également contenir des résidus toxiques tels que des nonylphénols (détergents) ou des phtalates (fragrances). Ainsi, je vous suggère de préférer les produits naturels comme le vinaigre blanc, le savon de Marseille, le bicarbonate de soude ou encore le savon noir. Bien souvent peu onéreux, ils sont tout aussi efficaces !

Bien à vous,

Eric Müller





Consulter les sources :

Sources :

[1] Nouveau rapport exclusif sur les graves lacunes de dossiers d’évaluation de pesticides perturbateurs endocriniens ! Générations Futures

[2] « On sous-estime la part des perturbateurs endocriniens », Roseup

[3] Dr Odile Bagot, gynécologue et auteure de « Perturbateurs endocriniens, la guerre est déclarée », éditions Mango.

[4] Résultats détaillés dans le rapport de B. Demeneix et R. Slama au Parlement européen, Endocrine Disruptors, en ligne (en anglais) : https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/ STUD/2019/608866/IPOL_STU(2019)608866_EN.pdf

[5] https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/perturbateurs-endocriniens

Crédits : © conejota-Shutterstock.com


0 0 votes
Évaluation de l'article

Qu'avez-vous pensé de cet article ?

1 Commentaire
le plus récent
le plus ancien
Inline Feedbacks
View all comments
Brigitte PATOUILLARD
29 jours il y a

Il y a des périodes de la vie où il faut être encore plus attentif à ne pas manger de perturbateurs endocriniens car les conséquences sont sévères/irréversibles : pendant la grossesse, l’allaitement et la petite enfance. Il faut commencer bien AVANT la grossesse à éviter les perturbateurs endocriniens. Une grosse erreur est de vouloir maigrir juste avant la grossesse. L’amaigrissement déstocke ces produits qui étaient dans les graisses et les met en circulation. Malheureusement pour l’embryon puis le foetus ! Il faut vraiment être vigilant.