Le régime méditerranéen repousse Alzheimer

Le régime méditerranéen repousse Alzheimer

“La vieillesse est la principale responsable de la démence”, c’est que l’on entend parfois.

Il y a bien sûr un lien, mais les maladies neurodégénératives touchent aussi des personnes relativement jeunes (avant 60 ans).

En France, on estime aujourd’hui à 33 000 le nombre de patients de moins de 60 ans atteints de la maladie d’Alzheimer1.

Or si nous sommes impuissants face au temps qui passe, nous pouvons néanmoins agir sur un point en particulier : l’alimentation, et ce, dès le plus jeune âge.

Pourquoi se focaliser sur l’alimentation en particulier ?

Une statistique me parle tout particulièrement lorsque je me penche sur les chiffres de la démence.

Actuellement, plus de 55 millions de personnes sont atteintes de démence dans le monde, et plus de 60 % vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire2.

Or, ce qui caractérise ces populations est un accès restreint à une nourriture saine et équilibrée.

C’est un avis très personnel, mais je pense que ce paramètre est à prendre en considération lorsqu’on cherche à comprendre comment et pourquoi les maladies dégénératives se développent.

D’ailleurs, de nombreuses études attestent que l’alimentation joue un rôle majeur dans la prévention de la démence.

Au-delà du facteur de risque héréditaire, nous savons que l’inflammation chronique, les maladies cardiovasculaires, l’obésité, le diabète et la dépression favorisent le développement des maladies cognitives3,4.

Sachant cela, ma déduction est simple : tous ces facteurs de risque peuvent être corrigés par une alimentation saine.

CQFD !

Qu’est-ce que la démence exactement ?

La démence est le symptôme principal de diverses maladies et lésions qui affectent le cerveau.

La maladie d’Alzheimer est la cause la plus courante de démence, mais d’autres pathologies, comme la maladie de Huntington, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, la sclérose en plaques ou les AVC, lui sont aussi associées.

Un état de démence se caractérise par une altération de la fonction cognitive.

La mémoire, le raisonnement, l’orientation, la compréhension, le calcul, la capacité d’apprentissage, le langage et le jugement sont altérés.

On peut aussi constater des troubles émotionnels et/ou comportementaux.

Lorsque la démence apparaît sans raison particulière, c’est souvent l’âge qui est pointé du doigt.

Il y a, dans cette idée, une sorte de fatalisme qui me dérange, car il est tout à fait possible d’y échapper, y compris lorsque le poids des années commence à se faire sentir.

Les recherches sont unanimes !

Je ne compte plus le nombre de recherches qui confirment que le régime méditerranéen est le régime anti-démence par excellence.

La dernière en date est particulièrement intéressante car c’est une des plus vastes et des plus complètes sur le sujet5.

Près de 60 300 personnes ont été incluses dans l’étude, ce qui représente une vaste cohorte dans le milieu de la recherche.

Tout au long du suivi, qui s’est étalé sur neuf années, les participants ont rempli des questionnaires afin de savoir dans quelle mesure leur alimentation correspondait aux principales caractéristiques d’un régime méditerranéen.

Au terme de l’étude, ceux dont les habitudes alimentaires étaient proches du régime méditerranéen présentaient un risque de souffrir de démence inférieur de 23 % par rapport aux autres profils alimentaires.

Comment le régime méditerranéen repousse la démence

Le régime méditerranéen ne se limite pas qu’à l’alimentation.

Il est avant tout basé sur une hygiène de vie globale, qui associe une activité physique modérée et une certaine philosophie de vie, qui éloigne le stress du quotidien.

Mais si l’on s’en tient uniquement à l’alimentation, ce type de régime agit en prévention contre presque tous les facteurs favorisant la démence.

C’est sans doute ce qui explique son efficacité.

1. L’inflammation chronique

L’alimentation peut influencer le vieillissement cognitif via plusieurs voies inflammatoires.

Avec sa richesse en acides gras de qualité, notamment les oméga-3, le régime méditerranéen lutte contre les phénomènes inflammatoires.

L’huile d’olive, les poissons gras, les oléagineux, tous ces aliments sont de véritables « alicaments » protecteurs6.

2. Le stress oxydatif

Les fruits et les légumes constituent la base du régime méditerranéen.

On en consomme une grande variété, crus ou cuits.

Cette source majeure d’antioxydants (avec en bonus les herbes et les épices) repousse le vieillissement cellulaire et préserve les fonctions cognitives.

3. Les maladies cardiovasculaires

Le régime méditerranéen, abondant en aliments d’origine végétale peu transformés, riche en graisses monoinsaturées issues de l’huile d’olive, et pauvre en graisses saturées, viandes et produits laitiers, est un modèle nutritionnel idéal pour la santé cardiovasculaire.

Les multiples études qui ont été réalisées depuis des années le confirment : suivre ce régime fait reculer de manière significative l’ensemble des maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC, athérosclérose, thrombose, etc.)7.

4. L’obésité

Le régime méditerranéen est particulièrement adapté pour les personnes souffrant d’obésité.

Il rétablit un microbiote intestinal sain, améliore le système immunitaire, diminuant ainsi considérablement les médiateurs inflammatoires et permet, à terme, de perdre du poids8,9.

5. Le diabète

Le régime méditerranéen permettrait de réduire de 30 % le risque de diabète10.

Une fois encore, cet effet protecteur pourrait être lié à la présence d’antioxydants, mais aussi à la faible présence de produits sucrés et transformés.

6. La dépression

Dans une méta-analyse, des chercheurs de l’Inserm et de l’université de Montpellier ont montré que l’adoption du régime méditerranéen réduisait de 33 % le risque de dépression11.

Cet effet bénéfique sur la santé mentale serait lié à son action favorable sur le microbiote intestinal, dont la composition a un impact sur les relations entre le cerveau et l’intestin.

Nous souhaitons tous vieillir en bonne santé.

Pour y parvenir, il semblerait que le régime méditerranéen fasse bel et bien partie de la recette miracle.

Saviez-vous que l’alimentation pouvait jouer un rôle majeur dans la prévention du déclin cognitif ?

Naturellement vôtre.

Stéphane Morales pour Eric Müller

Sources:

[1] https://www.francealzheimer.org/seineetmarne/2022/11/23/jeunes-alzheimer/
[2] https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/dementia
[3]https://www.frm.org/recherches-maladies-neurologiques/maladie-d-alzheimer/alzheimer-facteurs-risques-et-protecteurs
[4] https://sante.lefigaro.fr/article/neuf-facteurs-identifies-pour-diminuer-les-risques-de-demence/
[5] Shannon OM, et al. Mediterranean diet adherence is associated with lower dementia risk, independent of genetic predisposition: findings from the UK Biobank prospective cohort study. BMC Med. 2023
[6] McGrattan AM, et al. Diet and Inflammation in Cognitive Ageing and Alzheimer’s Disease. Curr Nutr Rep. 2019
[7] Martínez-González et al. The Mediterranean Diet and Cardiovascular Health. Circ Res. 2019
[8] Muscogiuri G, et al. Mediterranean Diet and Obesity-related Disorders: What is the Evidence? Curr Obes Rep. 2022 Dec;11(4):287-304. doi: 10.1007/s13679-022-00481-1. Epub 2022
[9] Estruch R, et al. The role of the Mediterranean diet on weight loss and obesity-related diseases. Rev Endocr Metab Disord. 2020
[10] Ahmad S, et al. Association of the Mediterranean Diet With Onset of Diabetes in the Women’s Health Study. JAMA Netw Open. 2020
[11] Lassale C,et al. Healthy dietary indices and risk of depressive outcomes: a systematic review and meta-analysis of observational studies. Mol Psychiatry. 2019

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Jacques Salée
7 mois il y a

Merci pour votre article est intéressant mais la statistique citée en premier lieu est inadéquate :
« Actuellement, plus de 55 millions de personnes sont atteintes de démence dans le monde, et plus de 60 % vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire2. »
C’est le taux de la population touchée qui compte et non le pourcentage par rapport à l’ensemble des malades. En d’autres termes, c’est bien entendu la fréquence qu’il faut comparer pour évaluer et comparer le risque dans chaque groupe de pays.