Rayon charcuterie : 100 grammes de jambon et un cancer de l’estomac s’il vous plaît

Ce n’est plus un secret pour personne, l’industrie agro-alimentaire ne pense pas à notre santé. Elle peaufine ses produits pour qu’ils se conservent plus longtemps ou encore aient plus de goûts. Ce qu’elle cherche, c’est la productivité, la rentabilité et surtout à augmenter son chiffre d’affaires annuel. Résultats : une grande partie des aliments vendus dans nos supermarchés sont remplis d’additifs…

Il suffit de regarder les étiquettes pour se rendre compte à quel point nos produits sont transformés. Souvent désignées sous la lettre « E » (E110, E123, E131…), ces molécules perturbent tout notre organisme. Et ne vous laissez pas piéger par les autorités sanitaires qui autorisent leur mise sur le marché. Car certains de ces additifs, pourtant approuvés, ont un lien direct avec le développement d’un cancer [1].

Parmi eux : les nitrites. Bien connus des parlementaires pour provoquer près de 5 000 cancers par an, ils devraient seulement être interdits définitivement en… 2 025 [2]. Enfin si tout va bien !

20 000 cancers en cours de fabrication

Alors que cela fait depuis plus de dix ans que plusieurs études scientifiques démontrent les effets catastrophiques des nitrites sur notre santé, les autorités sanitaires font tout pour retarder leur interdiction.

Pourtant, en janvier 2021, un rapport parlementaire révèle de manière formelle leur toxicité. En effet, les conclusions émises après 10 mois d’enquête et près de 40 auditions affirment « qu’en réagissant avec les composants de la viande, les additifs nitrés accentuent le pouvoir cancérogène de la matière carnée ». Selon plusieurs experts interrogés, ils seraient responsables de près de 5 000 cancers du côlon ou de l’estomac chaque année en France [3].

Mais pour éviter que certaines entreprises se retrouvent à devoir changer leur mode de production trop vite, l’interdiction des nitrites va se faire progressivement, et surtout, au détriment de notre santé !

C’est écrit noir sur blanc dans le rapport : « Cette interdiction, qui exige une véritable transition de la filière, doit être accompagnée par les pouvoirs publics, notamment sur le plan financier », réclame la mission parlementaire, qui préconise « d’aider notamment les TPE et les PME avec la mise en place d’un fonds public destiné à soutenir l’adaptation des outils de production des transformateurs. »

C’est ainsi que les autorités sanitaires vont prendre le risque de « rendre malade » près de 20 000 personnes dans les 4 prochaines années [4].

Nitrites : 12 000 produits vendus en France sont concernés

Les nitrites sont utilisés pour colorer la charcuterie en rose, pour la conserver plus longtemps, mais surtout pour la fabriquer plus rapidement. Ainsi, 76 % environ de la charcuterie mise sur le marché dans la grande distribution contient ces additifs. [5]

Selon Yuka, une application sur téléphone mobile qui permet de scanner les produits alimentaires, plus de 12 000 produits en France contiennent des additifs nitrés. Parmi eux, vous retrouvez le jambon blanc, les saucisses, le saucisson, le pâté ou encore le foie gras.

Et même lorsque le produit est labellisé bio, il peut tout de même contenir des additifs à base de nitrites et nitrates. Je vous conseille donc de bien lire les étiquettes. Si le E250 (nitrite de sodium) et le E252 (nitrate de potassium) sont présents, limitezvotre consommation.

4 rayons toxiques au supermarché

Vous l’avez compris, le premier rayon où vous devez être vigilants est celui de la charcuterie. Outre les E250 et E252, regardez si vos produits carnés ne contiennent pas aussi des E251 et E205. 

De plus, vérifiez s’ils ne sont pas bourrés de colorants nocifs tels que l’Azorubine/carmoisine (E122) ou rouge Ponceau 4R/rouge cochenille (E124) et rouge “allura” AC (E129). 

En cas de doute, une astuce tout simple consiste à observer la couleur de votre viande. Plus elle est rosée et intense, plus il y a de fortes chances qu’elle soit bourré de colorants et sels nitrités.

D’ailleurs, cette vérification est également à faire sur les produits qui affichent « sans nitrite » sur leur emballage.

Le second, n’est autre que celui des fromages et produits laitiers. Cette fois, ce sont les additifs aux phosphates qui doivent vous alerter. Car ils augmentent dangereusement la quantité de phosphore déjà apportée par l’alimentation via les protéines animales et les végétaux. Évitez donc les produits dont la liste d’ingrédients présente des diphosphates (E450) et triphosphates (E451).

Vos poissons sont également concernés avec le noir brillant BN (E151). Cet additif est pourtant interdit au Canada, aux États-Unis, en Finlande, au Japon et en Norvège ! Il s’agit d’un agent mutagène qui s’avère être aussi génotoxique.

Enfin, même si vous en consommez probablement moins, sachez que le rayon boissons et confiseries regorgent d’additifs. C’est même un véritable festival des colorants cancérogènes !

Vous y trouvez de tout :

  • du rouge “allura” AC (E129),
  • du jaune de quinoléine (E104),
  • de l’amarante (E123),
  • du jaune de quinoléine (E104),
  • du rouge Ponceau 4R/rouge cochenille (E124),
  • de l’érythrosine (E127),
  • de l’acide orthophosphorique (E338)…

La raison ? Les industriels aiment donner du peps à leurs boissons, y compris leurs boissons alcoolisées, en les colorant chimiquement le plus possible.

Pour résumer, je vous préconise toujours de vous tourner vers les aliments le moins transformés possibles. Cuisinez vous-même vos plats, y compris les petites choses telles que les sauces. Et consulter toujours la liste des ingrédients avant d’acheter. Plus elle est longue avec des molécules imprononçables, moins le produit est de qualité.

Bien à vous,

Eric Müller

P.S. : Ne vous laissez pas endormir par les industriels qui affirment que les nitrites préviennent du botulisme (contamination d’une bactérie présente dans les produits carnés). D’après l’ONG Foodwatch, les productions traditionnelles de charcuterie – jambon de Parme, certaines charcuteries corses ou certains chorizos espagnols par exemple -, ont démontré que le nitrite n’était pas indispensable [6]





Consulter les sources :

Sources :

[1] Emilie Viennois, Didier Merlin, Andrew T. Gewirtz and Benoit Chassaing. Dietary emulsifier-induced low-grade inflammation promotes colon carcinogenesis. Cancer Research. DOI: 10.1158/0008-5472.CAN-16-1359 Published 7 November 2016.

[2] Charcuterie : la fin des nitrites d’ici 2025 ?, Steven Gouailler, France Bleu.

[3] Charcuterie : la fin des nitrites d’ici 2025 ?, Steven Gouailler, France Bleu.

[4] https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion-eco/l15b3731_rapport-information.

[5] https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion-eco/l15b3731_rapport-information.

[6] Nitrites ajoutés : des organismes rappellent leur impact sur le nombre de cancers en France, Passeport santé.

Crédits : © AngieYeoh-Shutterstock.com


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Jean-Pierre
1 mois il y a

Voilà une information « qu’elle est bonne », bravo!
Suite à la lecture de votre article, j’ai cherché sur le net la liste des colorants, stabilisateurs, rehausseur de goût, conservateurs, colorants, enfin toutes les bonnes choses qui pourrissent nos assiettes… hélas sans succès.
Pouvez-vous nous diriger ?
Merci
Cordialement
Jean-Pierre

Marthe Bony
1 mois il y a

Il y a bien longtemps que je m’approvisionne directement chez les producteurs ! J’ai trouvé un éleveur de porc noir à STMICAUD (71) qui élève ses porcs en liberté et n’utilise pas d’additifs ; j’ai aussi un producteur de viande bovine et de volailles à CHATENOY LE ROYAL où tous ses animaux sont élevés en plein air et bien sûr qu’il n’utilise pas d’additif non plus !

Nathalie
1 mois il y a

Merci encore du fond du cœur pour tous vos bons conseils et informations qualitatives nous permettant de savoir quoi manger pour une meilleure santé

Bien cordialement
Nathalie

Beau
1 mois il y a

C’est scadaleux !

Daniel
1 mois il y a
Reply to  Beau

Je dirais même plus c’est cansladeux, euh… scandaleux !