Andropause : les traitements naturels qui fonctionnent !

Dans ma précédente lettre j’évoquais les problèmes liés à la ménopause. Tout le monde connaît bien ce phénomène qui se déclenche environ à 50 ans et qui concerne toutes les femmes. Si vous ne l’avez pas encore lu, vous pouvez la découvrir ici.

Aujourd’hui, j’aimerais aborder un sujet moins médiatisé : l’andropause : « la ménopause des hommes ». Car oui, elle existe ! Elle s’installe chez certains dès 40 ans et touche jusqu’à 30% des hommes de plus de 70 ans[1]. Cependant, elle n’implique pas une baisse de fertilité.

Médicalement, l’andropause est une baisse du taux sérique de testostérone liée à l’âge. Cette hormone est dite sexuelle puisqu’elle attise le désir et améliore les performances sexuelles, mais ses effets bénéfiques pour la santé ne s’arrêtent pas là. 

L’andropause est difficile à diagnostiquer car il n’existe pas de consensus sur ce qu’est un taux normal de testostérone. Pourtant les symptômes sont bien là !

D’après une étude de l’Imperial College London, ce changement biologique induirait notamment [2]:

  • 3 symptômes d’ordre sexuel : baisse de la fréquence d’érection matinale, du désir sexuel et problème d’érection,
  • 3 symptômes physiques : incapacité à effectuer certaines activités comme courir, faire une marche longue de plus d’un kilomètre ou s’agenouiller,
  • 3 symptômes psychologiques : perte d’énergie, tristesse et fatigue.

D’autres études ont mis en lumière que la perte de cheveux, le teint pâle, l’apparition de petites rides, le manque de fermeté des muscles du visage ou encore l’accumulation des graisses au niveau du ventre sont également des signes de déficience en testostérone[3].

Alors quelles sont vos bonnes solutions pour lutter contre ce changement biologique inévitable ?

Comprendre les enjeux d’un bon taux de testostérone

Le dosage idéal dépend de plusieurs facteurs. Un homme de stature moyenne doit avoir une concentration de testostérone dans le sang de 6 500 à 7 500 picogrammes par millilitre (ou 650 à 750 nanogrammes par décilitre).

Mais ce taux n’est qu’indicatif. Si vous êtes grand et musclé votre taux sera proche de celui de votre jeunesse et devra être maintenu élevé afin de préserver votre santé. Autrement dit, même en vieillissant vos taux doivent rester stables. À l’inverse, si vous êtes petit et peu musclé, un niveau de testostérone plus bas que la moyenne est tout à fait normal. Néanmoins, il devra être bien plus élevé que la limite inférieure de référence.  

D’après plusieurs études scientifiques, entre 25% et 50% des hommes qui ont des niveaux situés entre l’intervalle de référence présentent des risques plus élevés de contracter des problèmes de santé. À savoir :

  • Une insuffisance coronaire,
  • Une décalcification des os,
  • Une baisse du désir sexuel,
  • De souffrir de diabète.

Il ne suffit donc pas de se situer à l’intérieur de l’intervalle, mais bien d’analyser vos réels besoins. Pour ce faire, je vous suggère de demander à votre médecin un bilan initial de dosage pour votre [4][5]:

  • Testostérone totale et libre.
  • Hormone de l’hypophyse (FSH, Follicle Stimulating Hormone). Avec l’âge, cette hormone chargée de stimuler la spermatogenèse a tendance à augmenter. C’est le premier signe indicateur d’un début de carence des testicules.
  • SHBG (Sex Hormone Binding Globulin), votre principale protéine de transport de vos hormones mâles.
  • Androstanediol glucuronide : le métabolite androgénique dans le sang. C’est elle qui permet de savoir combien de testostérone est réellement utilisée dans les cellules.
  • Ainsi que vos hormones féminines : œstrogène et œstradiol voire parfois votre progestérone.

Comment « rester homme »
sans prendre des hormones ?

Le traitement de l’andropause repose principalement sur la prise de testostérone. 95% de cette hormone est produite et sécrétée dans les testicules et le reste dans les glandes surrénales. Il existe plusieurs pistes préventives pour améliorer vos taux naturellement.

1 Soigner votre alimentation

Vous pouvez faire beaucoup en privilégiant certains aliments au détriment d’autres. Ainsi mangez davantage de protéines et d’oméga-3 et de bonnes graisses (viandes maigres, volailles, poissons, œufs) et d’autres aliments comme l’avocat, l’ail, les bananes, l’ananas, les noix de brésil ou encore les graines de Chia. À l’inverse évitez le pain complet car trop riche en fibres et les produits sucrés.

2 Faites confiance au zinc

Le zinc est impliqué dans presque toutes les fonctions de la reproduction masculine, dont le métabolisme de la testostérone. N’hésitez donc pas à manger régulièrement des produits qui en contiennent (huîtres, foie de veau, langouste, thym, graines de sésame, noix de cajou…). Vous pouvez également envisager une supplémentation.

3 Épicez votre vie

Le fenugrec est une épice utilisée dans de nombreuses pharmacopées et médecines traditionnelles dans le monde. D’après une étude, l’usage de ses extraits augmenterait le taux de testostérone et améliorerait le niveau de libido[6]. La dose utilisée tout au long de l’étude était de 600 mg par jour.

4 Envisagez l’ashwagandha

Dans une précédente lettre, je vous évoquais les bienfaits de cette racine pour lutter contre les insomnies. Cette racine peut aussi être utile pour limiter les perturbations et dysfonctionnements sexuels chez l’homme. Selon les études menées, un remède à base de 350 mg d’extraits en poudre de cette plante 3 fois par jour serait efficace[7]. Cependant, il existe beaucoup de contre-indications. Mieux vaut donc bien vous renseigner avant de l’essayer.

Cette supplémentation bénéfique sous condition

Une supplémentation doit être prise à dose physiologique uniquement en cas de déficit.

Vous trouverez diverses façons de vous supplémenter en testostérones : sous formes injectables, orales ou cutanées. Cependant, elle n’est pas en vente libre et doit être prescrite par votre médecin et faire l’objet d’un suivi rigoureux.

Je vous déconseille vivement les produits oraux. Souvent mal absorbés, ils peuvent à terme endommager votre foie.

Dirigez-vous plutôt vers les gels, si possible les versions liposomales qui permettent une meilleure pénétration. Seuls points négatifs : ils sont assez chers et demandent une application quotidienne.

Cancer de la prostate :
il est temps d’acquitter la testostérone !

Il faut arrêter de diaboliser la testostérone. Car non, le taux de cette hormone  n’est pas corrélé au cancer de la prostate.

C’est le constat d’une méta-analyse incluant 10 324 hommes (3 886 personnes ayant développé cette pathologie et 6 438 sujets témoins) [8]. Au contraire, la testostérone diminuerait l’agressivité d’une tumeur localisée.

Bien à vous,

Eric Müller





Consulter les sources :

Sources :

[1] Tomlinson C1, Macintyre H, Dorrian C A, Ahmed SF, Wallace AM. Testosterone measurements in early infancy Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed2004;89:F558-F559

[2] Investigating the basis of sexual dysfunction during late-onset hypogonadism [version 1; peer review: 2 approved], Imperial College London

[3] Hormone Handbook, Thierry Hertoghe, Ed. International Medical Books

[4] Griffin J.E. and Wilson J.D Disorders of the testes and the male reproductive tract. Saunders.

[5] Intérêt du dosage de testostérone biodisponible pour le diagnostic du déficit androgénique chez l’homme âgé, EM Consulte – Elvesier

[6] The effects of a commercially available botanical supplement on strength, body composition, power output, and hormonal profiles in resistance-trained males, Journal of the International Society os Sports Nutrition

[7] Ilayperuma I, Ratnasooriya WD, Weerasooriya TR. Effect of Wthania somnifera root extract on the sexual behaviour of male rats. Asia J Androl. (2002)

[8] « Endogenous hormones and prostate cancer collaborative group, Endogenous sex hormones and prostate cancer : a collaborative analysis of 18 prospective studies », J. National Canc

Crédits : © metodej-shutterstock.com


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Bruno Jounel
12 jours il y a

cela rejoint ce que l’on trouve hors de France cad que l’activite sexuelle soutenue ( au minimum 200 ejaculations par an plus ou moins associées au massage prostatique ) est un rempart contre le cancer de la prostate .En France on traine des concepts qui datent de 1941.