A l’origine était le Birchermüesli

A l’origine était le Birchermüesli

Chère lectrice,
Cher lecteur,

Il y a plus d’un siècle Maximilian Bircher-Benner (1867-1939), médecin zurichois, élaborait cette recette géniale : le Birchermüesli.

Précurseur dans la médecine nutritionnelle « vivante », le Docteur Bircher-Benner vantait notamment le crudivorisme bien avant qu’il ne soit à la mode et accordait une importance centrale aux aliments frais, complets et non transformés.

Mais sa conception globale de la santé ne se limitait pas à l’alimentation.

Les promenades quotidiennes en pleine nature et les bienfaits des bains de soleil faisaient aussi partie du programme réservé aux patients qui venaient se faire soigner dans son sanatorium, “Lebendige Kraft” (Force Vivante), sur les hauteurs du Zürichberg.

Son Birchermüesli, à base de flocons d’avoine, de pommes (avec la peau et le trognon), de jus de citron et de lait condensé, était servi le soir en tant que repas à part entière.

Rapidement, ses bienfaits pour la santé l’ont rendu très populaire dans toute la Suisse.

Dès les années vingt, le Birchermüesli figurait sur la carte de restaurants végétariens zurichois et à partir des années quarante, il devenait incontournable dans les foyers mais aussi dans les institutions comme les prisons, les maisons de repos, les monastères et l’armée.

Depuis, son succès ne s’est jamais démenti.

De multiples variantes ont vu le jour, plus ou moins industrielles, plus ou moins fidèles à la recette d’origine et plus ou moins bonnes pour la santé…

Il y a de la pomme là-dedans !

Pour ceux qui ont gardé en mémoire les désopilantes répliques du film Les tontons flingueurs, celle-ci aurait pu parfaitement convenir à une dégustation de Birchermüesli :

« Vous avez beau dire, y’a pas seulement que d’la pomme, y a aut’chose…Ca serait pas des fois de la betterave ? »

Alors, de la pomme oui, mais de la betterave que nenni, n’en déplaise à Jean Lefebvre !

Bircher-Benner considérait d’ailleurs que les pommes fraîches et non les céréales ou le lait, en étaient l’ingrédient le plus important.

Si, de nos jours, il existe une multitude de recettes de müesli, la recette originale garde tout son intérêt, et pour tout dire c’est celle qui a mes faveurs.

La raison en est simple : elle contient peu d’ingrédients, elle est facile à préparer et elle est intéressante pour la santé sur bien des points.

Je vous proposerai une légère variante à la fin de ma lettre.

Peut-on véritablement parler de recette santé ?

Le müesli, du point de vue de la naturopathie, n’est pas adapté à tout le monde.

Celui du Docteur Bircher-Benner est déjà très calorique et ceux que l’on peut trouver dans le commerce ou dans les restaurants encore plus.

Il ne faut pas oublier qu’à l’origine, cette recette lui a été inspirée lors d’un séjour dans un refuge de montagne.

Cette nourriture est donc particulièrement adaptée aux climats froids, et pour les personnes qui ont de grandes dépenses physiques.

Elle est également parfaite si vous êtes en convalescence et que vous avez besoin de reprendre des forces.

En revanche, si vous bougez peu et/ou que vous êtes en surpoids, je ne vous recommande pas d’en faire votre petit-déjeuner quotidien.

Contentez-vous de vous faire plaisir de temps en temps.

Ceci étant dit, passons en revue les ingrédients de la recette originelle.

  • Les flocons d’avoine

Grâce à sa teneur élevée en fibres alimentaires solubles, l’avoine rassasie durablement.

Cela évite les coups de mou dans la matinée et favorise le transit tout en douceur.

Un autre avantage de cette céréale est qu’elle contient des lipides sous forme d’acides gras poly et mono-insaturés.

Mais son atout principal repose sur ses bêta-glucanes (des polysaccharides naturels associés à certaines fibres alimentaires).

Il a en effet été prouvé scientifiquement que bêta-glucane d’avoine permet de réduire le risque de développer certains problèmes cardiaques et le diabète1.

Côté minéraux, l’avoine est mieux pourvue que le blé, avec des quantités notables en fer, manganèse, magnésium, calcium, zinc, sélénium et cuivre.

Il est à noter tout de même que l’avoine contient beaucoup de glucides (58 g / 100 g).

Ce sont des glucides lents qui donnent de l’énergie sur le long terme et qui ne provoquent pas de pics de glycémie, mais il est bon de le rappeler malgré tout.

  • Les pommes

La pomme est un aliment santé incontournable.

Elle renferme des fibres solubles mais aussi un grand nombre de vitamines et de minéraux.

La plupart d’entre elles (env. 70 %) sont toutefois contenues dans la peau, d’où l’importance de la conserver dans la recette.

Les pommes sont riches en pectine que l’on trouve aussi essentiellement dans la peau et les pépins.

Cette substance végétale présente plusieurs avantages : certaines études lui confèrent des propriétés contre le cholestérol, l’accumulation de lipides et de glucose dans le sang, ainsi que des activités anticancéreuses2.

Elle permettrait également d’aider l’organisme à se débarrasser des métaux lourds et de mieux assimiler le fer.

Enfin, la teneur en quercétine des pommes leur confère un puissant effet antioxydant, qui stimule le système immunitaire, ainsi que des propriétés anti-inflammatoires.

  • Les noisettes et les amandes

Les graisses contenues dans les oléagineux de manière générale sont très saines.

Elles sont majoritairement composées d’acides gras insaturés.

De plus, ces fruits à coque sont riches en protéines, ce qui est particulièrement intéressant pour les personnes végétariennes et véganes.

Je passe volontairement sur le lait concentré de la recette, car c’est pour moi le gros point faible de la préparation.

Il est extrêmement sucré et le lait de vache ne fait pas, pour moi, partie des aliments à recommander.

Dans l’ensemble, le Birchermüesli est bénéfique à la santé à bien des égards à condition d’avoir une dépense énergétique suffisante ou de ne pas en abuser pour ceux qui seraient plus sédentaires.

La recette authentique vs ma recette

Personnellement, je préfère éviter les préparations du commerce et m’en tenir à la recette du Dr Bircher-Benner.

La voici dans toute sa simplicité :

Pour une portion, il vous faut :

  • 1 cuillère à soupe de flocons d’avoine fins
  • 2 cuillère à soupe de lait concentré
  • 1 cuillère à soupe de jus de citron
  • 200 gr de pommes avec la peau
  • 1 cuillère à soupe de noisettes ou d’amandes moulues ou concassées

La préparation du Birchermüesli se fait la veille.

Il est primordial de laisser les flocons tremper dans un bol d’eau durant la nuit car ils seront ainsi plus digestes.

Le matin, il suffit d’ajouter le lait concentré à la bouillie d’avoine ainsi obtenue.

Râpez ensuite intégralement les pommes, avec la peau et les pépins.

Il ne reste alors plus qu’à mélanger les pommes et les noisettes râpées avec la bouillie.

Pour finir, le müesli est arrosé d’un filet de jus de citron.

Dans ma recette, je ne change pas grand-chose.

En réalité, je remplace juste le lait concentré par 100 ml de lait d’amande et pour sucrer, vous pouvez ajouter un peu de sirop d’agave ou de miel biologique.

Connaissiez-vous l’histoire du Birchermüesli ?

Le préparez-vous vous-même ?

Naturellement vôtre

Stéphane Morales pour Eric Müller

Sources:

[1] Ciecierska A, et al. Nutraceutical functions of beta-glucans in human nutrition. Rocz Panstw Zakl Hig. 2019
[2] Wikiera A, et al. Health-promoting properties of pectin. Postepy Hig Med Dosw (Online). 2014
[3] Li Y, et al. Quercetin, Inflammation and Immunity. Nutrients. 2016

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Resy W.
7 mois il y a

Dans ma recette: on ne prend q’une cuillère à soupe de lait concentré( ce qui le fait moins sucré!) A l’hotel en Suisse, ils ajoutaient une petite cuillère de Yaourt par portion!

Suzanne Laliberté
7 mois il y a

Je suis au Québec et voici le mien: une base de yogourt nature ou aux pruneaux à laquelle j’ajoute des flocons d’avoine et des graines de chia et parfois un peu de crème sure + bleuets et framboises que j’ai ramassés, frais ou congelés et je laisse tremper toute la nuit. Je décore ensuite le matin avec d’autres fruits frais, fleurs comestibles, pacanes et un peu de céréales Rice Krispies à la dernière minute. Mes clients adorent !!!

Rubin Michel
7 mois il y a

J’ai été plusieurs années conseiller culinaire à la clinique Büchinger en Allemagne. On y prépare une composition appelée crème Budwig directement inspirée de la préparation Bircher. Mais en moins calorique. Avec fromage blanc 0% séré + huile de lin… Super bombe santé revisitée.

Evelyne
7 mois il y a

OUi je connais et je m’en fais quelques fois l’hiver ; mais je le mange le soir: je rajoute suivant ce que j’ai a la maison: banane,fruits rouges de mon jardin que j’ai mis au congelateur,chocolat noir rape,du lait de vache si a finir ou autre lait d’avoine… je me regale et n’ai pas faim la nuit et ne me fait pas grossir!…

Yves
7 mois il y a

Je mets les flocons d’avoine dans un bol, entre 1 et 4 cuillères à soupe selon l’envie et le profil de la journée à venir. Pas besoin de le faire la veille, bien mâcher prolonge le plaisir de la dégustation. 1 yaourt nature, préférablement à la grecque et de brebis. J’y coupe ensuite environ 3/4 d’une pomme avec la peau et sans le cœur puis allonge le liquide avec quelques cuillères de thé noir. Quelques graines ou noix diverses plus canneberges ou raisins secs les jours de fête et le tour est joué.

Monney
7 mois il y a

J’ai 70 ans
Ma Maman, mère de dix enfants, nous faisait ce plat
– en petit déjeuner
– pour le goûter
– aussi le dimanche soir
!!!
On peut rajouter différents fruits et amandes noix etc

Râper pommes dans flocons d’avoine plus lait végétal
Fermer et placer au réfrigérateur
Puis
Le moment venu
Petit creux ou repas
Compléter avec ce qui vous plaît et servir !
Facile !

Alexandre BUCHMANN
7 mois il y a

Pour moi, ce sont des souvenirs d’enfance. Ma tante et ma grand tante habitaient ensemble Mulhouse, et elles se rendaient périodiquement à Bâle en Suisse pour faire le plein de bonnes choses, comme le Bierchermuesli, ou du pain suédois, quelques habits et d’autres produits que l’on ne trouvait pas forcément en Alsace. Personnellement je préférais le manger à la cuiller vu que le lait et les produits laitiers, n’ont jamais eu mes suffrages. Je me rappelle des flocons d’avoine, des fruits à coque concassés, d’un léger goût sucré, peut-être des raisins secs, des morceaux de dattes de figues ou autres fruits secs, bref ça date des années 1960.

Christine P.
7 mois il y a

Ma variante à moi : je remplace le lait concentré par du yogourt nature (que je fabrique moi-même) et un peu de sirop d’érable. (-:

Heidi en Suisse
7 mois il y a

Au Quebec, dans les années 90, j’ai eu la meme recette mais avec du yaourt blanc maigre en remplacement de lait concentré – et je crois qu’il y avait du sirop d’Erable ( vrai ) pour « sucrer » en option.